Nouvel et excellent article de Kix : Les crevettes.
Les crevettes.
Embranchement : Arthropodes
Sous-embranchement : Biantennés
Classe : Crustacés
Sous-classe : Malacostracés
Ordre : Décapodes
Sous-ordre : Crevettes
Les crevettes font partie de la classe des crustacés, dont il existe actuellement plus de 30.000 espèces répertoriées à travers les océans.
Les eaux du globe regorgent de crustacés, se retrouvant aussi bien des mers tropicales aux régions arctiques que des platiers aux grandes profondeurs.
Le céphalothorax des crevettes porte 5 paires de pattes, d’où leur nom de décapodes. Chez certaines espèces, une ou plusieurs paires de pattes peuvent être hypertrophiées et transformées en pinces.
Les crevettes sont des crustacés à sexes distincts. Il est parfois aisé de reconnaître la femelle du mâle grâce à une différence morphologique nette, comme des pinces plus grandes pour le mâle de Rhynchocinetes durbanensis, ou une plus grande taille pour la femelle de Stenopus hispidus.
Comme tous les crustacés, la crevette doit muer pour grandir. Lors de ce « changement de peau », ce n’est qu’une fois sortie de l’ancienne carapace qu’elle se gonfle d’eau afin de dilater au maximum la nouvelle enveloppe chitineuse qui n’est pas encore durcie.
Elle va alors puiser dans ses réserves de calcium pour activer le phénomène de durcissement de la carapace. Ces réserves devront être réapprovisionnées par l’absorption du calcium présent dans l’eau.
Il est donc utile d’avoir un bon taux de calcium pour permettre une mue sans problème. Il semble également important de veiller à ce que le taux d’iode ne soit pas trop faible.
C’est aussi au cours de la mue que les membres sectionnés seront régénérés.
Si les antennes des crevettes sont « tordues » après la mue, c’est un signe du manque de magnésium.
En plus de leur attrait esthétique et de leur qualité «d’éboueurs » de l’aquarium, certaines crevettes déparasitent les poissons (Lysmata amboinensis, Lysmata debelius…), alors que d’autres peuvent (parfois) consommer les aiptasias (Lysmata wurdemanni), ces anémones parasites qui envahissent le bac.
Afin de vous permettre de mieux déterminer leur nom, leur comportement ou leur origine, voici une description sommaire des crevettes les plus communément introduites dans les bacs.
La Famille : Hippolytidae
Le genre : Lysmata
Les crevettes du genre Lysmata sont sans doute celles que l’on introduit le plus fréquemment dans les aquariums récifaux.
La grande majorité sont des crevettes déparasiteuses. On les trouve dans les régions tropicales mais aussi dans les eaux moins chaudes, et notamment deux espèces en Méditerranée.
Lysmata amboinensis :

Région : Indo-Pacifique et Mer Rouge.
Plusieurs individus peuvent être introduits dans le bac, elles seront moins farouches dans ce cas. Dans le milieu naturel, elles évoluent souvent en couple ou se retrouvent en groupes d’une centaine d’individus. Elles aiment les décors riches en anfractuosités et diverses cachettes.
Il faut l’acclimater avec précaution car elle est sensible aux variations de pH et de salinité.
Elle mange la nourriture distribuée aux poissons et déparasite les poissons demandeurs.
Elle est parfois confondue avec Lysmata grabhami, mais s’en distingue par plusieurs caractéristiques morphologiques, visibles en particulier sur la queue.
Lysmata amboinensis Lysmata grabhami

Lysmata grabhami :
Région : Atlantique occidental et oriental, au niveau des mers tropicales et tempérées chaudes.
Elle s’acclimate en solitaire ou en couple, mais l’idéal est en groupe. Un décor qui leur fourni des cachettes sera apprécié.
Elle consomme pratiquement de tout : aliments distribués et déchets divers.
Les poissons trouveront une station de nettoyage auprès de ces crevettes.
Les variations brusques de salinité et de pH sont à éviter car elle y est sensible.
Lysmata debelius :
Région : Indo-Pacifique.
L’idéal est de les introduire en couple ou à plusieurs individus dans un aquarium possédant de nombreuses grottes ou zones ombragées.
Ces crevettes se montrent moins efficaces pour le déparasitage, car plus craintive.
Comme les autres, elle mange la nourriture distribuée aux poissons.
Lysmata wurdemanni :
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Région : Du Brésil au Caraïbes.
Lysmata wurdemanni a la réputation de manger les Aiptasias, ces anémones de verre qui envahissent les bacs. Cependant, il arrive qu’elle n’y touche pas du tout.
Elle se sentira plus en sécurité en couple, bien qu’elle puisse rester seule dans un bac dont le décor lui fourni des grottes verticales, correspondant aux galeries d’une éponge tubulaire, son refuge dans le milieu naturel. Des cachettes sombres lui conviendront également.
Détritivore, elle mange de tout (et avec de la chance, les Aiptasias) .
Elle peut être confondue avec la L. rathbunae.
Lysmata rathbunae :
Région : Mers des Caraïbes et Amérique du Nord.
Tout comme la L. wurdemanni, elle s’acclimate en solitaire ou en couple.
Beaucoup d’anfractuosités pouvant fournir des cachettes est l’idéal.
Elle se différencie de L. wurdemanni par une « tache » de couleur jaune située sous le céphalothorax.
Lysmata seticaudata :
Région : Mer Méditerranée et le nord de l’Atlantique tempéré.
Solitaire, en couple ou en groupe, elle s’acclimate bien avec les autres habitants du bac.
Contrairement aux autres Lysmata, cette espèce subit un changement sexuel qui transforme les mâles en femelles.
Elle se cache dans les diverses cachettes sombres et reste peu visible.
Détritivore, elle se nourrit de tous les restes alimentaires.
La seconde espèce de Lysmata qui se retrouve en Mer Méditerranée est Lysmata nilita.
Le genre : Thor
Thor amboinensis :
Région : Indo-Pacifique.
Petite crevette de 2 cm maximum. Elle vit en groupe, en symbiose avec une actinie, pouvant même partager celle-ci avec des poissons ou des crabes symbiotiques.
Elle trouve sa nourriture grâce à l’anémone qui l’abrite.
Attirante par ses couleurs, elle a la particularité de tenir son abdomen surélevé par rapport au céphalothorax, et de bouger en effectuant un mouvement de balancier.
Elle est sensible aux changements de pH et de salinité, mais aussi au manque d’oxygène.
La famille : Gnathophyllidae
Le genre : Hymenocera
Hymenocera picta :
Région : Pacifique central et Hawaii.
Aussi appelée crevette-arlequin, elle ne peut être acclimatée qu’en couple. Elle a la particularité d’émettre des phéromones (substances odoriférantes) qui lui permettent de reconnaître son partenaire.
Leur régime alimentaire est composé d’échinodermes, avec une préférence pour les étoiles de mer, mais également certaines espèces d’oursins.
Sachez donc que si vous voulez en posséder, il faudra leur fournir une étoile de mer vivante…
Son corps est blanc avec des taches rouges cerclées de jaune ou de rose.
Hymenocera elegans :
Région : Mer rouge et Océan Indien.
Tout comme H. picta, elle consomme des étoiles de mer. Elle s’en différencie par sa couleur, puisque son corps est blanchâtre ou jaune pâle avec des taches bleu-violet au centre rose.
La Famille : Rhynchocinetidae
Le genre : Rhynchocinetes
Rhynchocinetes durbanensis :
Région : Indo-Pacifique.
Aussi appelée crevette-danseuse car elle se déplace par mouvements saccadés.
Sa morphologie est particulière : elle possède une bosse sur le dos, et de grands yeux par rapport au corps.
Elle apprécie les décors comprenant des cachettes sombres et des grottes.
On peut reconnaître le mâle grâce à ses pinces bien plus grandes que celles de la femelle.
Il est possible qu’elle s’en prenne aux coraux mous ou à certaines anémones encroûtantes ( Zoanthus, Palythoa…).
Elle s’accommode de la distribution de nourriture aux poissons mais ne rechigne pas à une distribution particulière à la pipette par exemple.
Très sensible au changement de salinité, il faut l’acclimater en douceur.
La Famille : Stenopodidae
Le genre : Stenopus
Stenopus hispidus :
Région : c’est une des seule espèce à se rencontrer dans les régions tropicales des trois océans.
Son corps et ses grandes pinces sont marqués de bandes rouges et blanches.
Elle sera introduite en solitaire ou en couple, mais en veillant à ce que ce ne soit par deux individus de même sexe, car sinon, l’un des deux serait tué.
Elle se cache au sein de cavernes ou de grottes aménagées dans le décor.
Les autres espèces de crevettes peuvent faire les frais de son agressivité, et lui servir de repas.
Il faudra la nourrir avec de la chair de moule, des morceaux de crevette ou de poisson.
La Famille : Alpheidae
Le genre : Alpheus

Photo aimablement prêtée par Gilles Roisin.
L’ Alpheus, ou crevette-pistolet, est très souvent introduite dans le bac par l’intermédiaire d’une pierre vivante, dans laquelle elle a trouvé refuge.
Certaines d’entre elles établissent une symbiose avec des gobies.
Deux particularités morphologiques les distingues : des yeux dissimulés sous la carapace (ce qui leur donne un aspect flou), et une pince « pistolet » qui lui permet de produire un son caractéristique de coup de feu. Généralement, il s’agit de la pince gauche qui est hypertrophiée.
Cette capacité à émettre un son est due à la pince constituée d’une partie fixe (propodus) et d’une partie mobile (dactylus) comportant une excroissance s’emboîtant parfaitement à l’intérieur de la cavité du propodus.
Lorsque la pince est refermée ou ouverte d’un mouvement rapide, l’eau est chassée brusquement et produit alors ce son audible hors de l’aquarium.
Très craintive, sa présence ne se remarque très souvent que par ce claquement destiné à la défense mais aussi à la capture de petites proies, poissons ou autres crevettes.
La grande majorité des Alpheus se retrouvent dans les régions tropicales des trois océans, certaines en Mer Méditerranée et deux seulement en Mer du Nord.
La symbiose avec un gobie ne se rencontre que dans les mers chaudes. Chacun y trouve un avantage : la crevette dont la vue est mauvaise est avertie d’éventuels dangers par le poisson, et ce dernier tire profit d’une galerie aménagée pour s’y abriter.
La Famille : Palaemonidae
Le genre : Periclimenes.

Periclimenes brevicarpalis

Periclimenes sp.
Ces crevettes sont associées à des anémones et à plusieurs espèces d’holoturies. Leur carapace est recouverte d’un mucus protecteur vis-à-vis des cnidocystes de l’anémone, ce qui leur permet d’être protégées au sein des actinies.
En captivité, elle se nourrit des aliments distribués aux poissons, des proies éventuellement capturées par l’anémone, et quitte parfois son hôte (s’il n’y a pas de poisson prédateur) afin de s’alimenter de déchets divers.
Références :
- L’Atlas de l’aquarium marin ; Mergus.
- Invertébrés, guide pratique d’identification et de maintenance ; Julian Sprung
- L’aquariophilie récifale pour débutants ; Daniel Knop
- Le guide de l’aquarium marin tropical ; N. Dakin