Lorsque j’étais gamin, je me souviens que l’arrivée des nouveaux poissons dans le bac de mon père était toujours un évènement fantastique. A l’époque, celui-ci maintenait quelques bacs d’eau douce, avec pour spécialité les Symphysodons, communément appelés « Discus ».
Je me souviens aussi que je lui avais demandé pourquoi il ne les mettait pas directement dans leur nouvelle maison. Il m’expliqua qu’il fallait absolument que le nouveau poisson s’acclimate petit à petit à l’eau du nouveau bac, qui n’était pas forcément exactement la même que leur maison précédente. Sa technique était simple, il faisait quelques trous dans le sac et plaçait ensuite ce dernier dans le bac. Ainsi se créait un mélange entre ancienne et nouvelle eau, et ce, pendant quelques heures.
Lorsque j’ai commencé l’eau de mer, j’ai donc adopté la même technique. J’avais vaguement entendu parler du goutte à goutte, mais je dois avouer que je trouvais cela un peu complexe. La méthode dite « du sac troué » ayant toujours fait ses preuves, je ne voyais pas l’intérêt d’en changer.
J’ai donc suivi cette technique pendant longtemps, et pour un résultat positif.
Mais malheureusement, il y a peu, j’ai perdu mon chaetodon kleini après un peu plus d’un mois. C’est aussi dans cette période que j’ai fait la découverte d’un nouveau magasin situé dans l’Essonne, Rio Del Mar. Ce parallèle pour vous parler d’une méthode originale que j’ai pu observer directement, le bain d’eau douce.
Tout d’abord, on est en droit de se demander pourquoi une telle méthode d’acclimatation. En fait, pour être tout à fait précis, c’est une partie de la phase nécessaire avant l’arrivée dans un bac. Cà n’enlève en rien la sacro sainte mise en quarantaine du poisson dans un bac annexe, période durant laquelle l’aquariophile pourra observer le comportement du nouveau pensionnaire.
A l’état sauvage, les poissons se retrouvent parasités par de petits organismes néfastes, tels des vers. Les récifs abritant de nombreux invertébrés, ils ont alors la possibilité de se faire déparasiter par des crevettes ou encore d’autres poissons. De plus, ils bénéficient aussi de courant d’eau douce, qui leur permet de leur ôter des petits vers venant se coller dans leurs corps.
Dans un biotope fermé, il est bien entendu impossible de recréer un tel univers. On peut bien sur intégrer des crevettes ou poissons, mais cela n’est pas toujours suffisant.
C’est pour cela qu’il est absolument nécessaire d’employer cette méthode avant l’arrivée du nouveau pensionnaire dans le bac.
J’ai été témoin d’un tel procédé, et je dois avouer que j’ai vraiment été très surpris. En fait, tout bon poissonnier se doit de pratiquer un bain d’eau douce à l’arrivée comme à la vente du poisson. Mais ce n’est malheureusement pas le cas, la plupart ne réalisant que la méthode du goutte à goutte. Dans le doute, il ne vous restera plus qu’à le faire vous-même mais je vous rassure, ce n’est heureusement pas bien compliqué.
Prenez un mini bac ou encore un petit récipient si vous n’avez rien d’autre sous la main. Remplissez le d’eau minéralisée, n’importe quelle marque du commerce. Surtout, ne pas remplir avec de l’eau osmosée, le ph étant complètement différent.
Une fois cela effectué, ajusté la température à celle de votre bac pour ne pas en plus créer un choc thermique.
Il ne vous reste plus qu’à ensuite placer le nouvel arrivant dans ce bassin de substitution. Ne paniquez pas car sa réaction sera de venir se coucher sur le flanc et vous remarquerez aussi une respiration beaucoup plus rapide, ceci étant du à l’eau minéralisée.
Ensuite, ouvrez grands vos yeux ! Vous remarquerez que des petits vers sortiront des endroits infectés, et ce dans un temps variant de quelques secondes à quelques minutes. Spectacle garanti ! Tout comme moi, vous serez surpris de constater le nombre de vers détachés. Par contre, ne laissez pas le poisson trop longtemps, un délai d’environ cinq minutes devrait suffire amplement. C’est à ce moment là qu’on se rend compte de l’importance du bain d’eau douce. Imaginez ces vers pénétrant dans votre récif artificiel ! Le poissonnier qui nous a montré ça nous confiait aussi que les poissons les plus infectés sont en général les Chelmons Rostratus… Hasard ou coïncidence quand on sait la difficulté de maintenir longtemps de tels poisson. Il faudrait pour étayer cette idée que tout chelmon passe par ce bain d’eau douce, peut être est ce là la clef de la réussite pour ce poisson majestueux. En tous les cas, ça vaut la peine d’essayer…
Olivier Vincent.