Les requins baleines de Djibouti
Date: Jeudi, décembre 14 @ 08:05:31 CET
Sujet: Reportage


    
Plus de 6 ans que j’en rêvais…
 
Malgré mes multiples et nombreuses rencontres sous-marines, il me restait encore deux objectifs à atteindre pour avoir « tout » vu… Le premier c’était les sirènes (je suis comblé au boulot) et le deuxième et non des moindres les Rhyncodon typus ou encore les requins baleines.


   
C’est le plus grand poisson connu à ce jour. Il peut mesurer plus de 12 mètres, mesurer plus de 2,50 de large. Malgré sa taille plus qu’imposante, le requin baleine est un strict planctophage. Il ne se nourrit que de krill et de plancton. Il peut en avaler plus de deux tonnes par jour !!!
 
Inscrit depuis peu sur la liste CITES, il reste néanmoins en danger. En effet, les lobbies asiatiques essaient de le faire sortir de la liste. De nos jours un aileron de requin baleine peut se négocier jusqu’à 25.000 € la pièce.
 
A ce jour, les endroits où l’on est presque sûr de le rencontrer en plongée sont rares. Le Mexique (Yucatan et Mer de Cortez), l’Australie, le Mozambique, l’Afrique du Sud et… Djibouti !
Ailleurs les rencontres sont occasionnelles.
 
Djibouti est un petit pays enclavé entre l’Erythrée au nord, l’Ethiopie à l’ouest et la Somalie à l’est.
Ce petit pays ferme la partie sud de la Mer Rouge. C’est aussi l’une des terres les plus inhospitalières du globe. Des températures supérieures à 45-50° à l’ombre oppressent les djiboutiens en été. 

 
Dans l’eau la situation est toute autre, les eaux de l’Océan Indien et de la Mer Rouge s’y croisent et s’y mélangent. La turbidité permanente des eaux est due à la présence massive de plancton. Malgré une visibilité réduite pour le plongeur (3 à 8 mètres dans les meilleures conditions), les eaux sont d’une richesse exemplaire. Les populations endémiques de Mer Rouge et de l’Océan Indien s’y mêlent.
 
La côte d’Arta plage (lieux du camp d’entraînement de la légion étrangère) accueille, on ne sait trop pourquoi une population de requins baleines d’Octobre à Mars. Certains jours ils y sont légions (MDR) et d’autres jours ils se font rares. Lors de mon séjour, j’ai eu la chance d’en observer plusieurs par jour. Dont le plus grand (la plus grande en fait) mesurait plus de 10 mètres de long et 2 mètres de large. Tout simplement impressionnant !

 
Juste avant d’aller croiser les squales géants, le ton est donné.  Interdit de se trouver à moins d’un mètre d’eux. Interdit de toucher. Gare à la caudale et gare au monstre lorsqu’il sonde. Il pourrait emporter un plongeur malgré lui vers des profondeurs inavouables… Il est planctophage mais le danger est quand même présent. On ne se frotte pas à un animal de plusieurs tonnes sans précaution !
 
L’observation des Léviathans se fait en PMT (palmes – masque – tuba). Un bateau léger sillonne leur endroit de prédilection. Les requins baleines ne sont pas faciles à apercevoir depuis la surface. Contrairement à la croyance populaire, juste la pointe de la nageoire caudale sort occasionnellement de l’eau. Il est d’ailleurs plus facile à repérer lorsque la mer est légèrement houleuse. Lorsque le soleil est au zénith, on peut aussi voir la masse sombre du monstre parmi le vert turquoise des eaux de surface.
Lorsque le soleil est bas, le matin et le soir, il est beaucoup plus difficile de les voir. Un coup d’œil exercé et une bonne observation de la surface aide franchement.

 
Lorsque le poisson est aperçu, le bateau vous largue à l’avant de l’animal, à une petite dizaine de mètres. La vitesse de progression habituelle du Rhyncodon est assez lente, mais une bonne condition physique est nécessaire pour pouvoir les suivre à l’aise. Pas de secret cela requiert un palmage physique quand même. Toutefois, il peut s’éloigner assez rapidement ou sonder en un seul coup de caudale. Dans ces cas-là, même si l’animal ne nous veut aucun mal, il vaut mieux se trouver hors de la portée de la nageoire. L’effet est assez surprenant.
 
Je l’ai déjà dit ci avant, la visibilité n’est pas exceptionnelle. Et les rencontres sont à chaque fois émouvantes.
 
Lors de la mise à l’eau, on sait d’où va venir le requin mais on ne le voit quasiment jamais. On a beau regarder dans la direction supposée de l’animal, mais on ne voit rien, du vert, du vert et encore du vert… Jusqu’à ce que la silhouette du géant se dessine sur ce fond monotone. La masse est impressionnante, imposante, et même sur les exemplaires les plus petits (un peu plus de deux mètres).


 
Les requins baleines se nourrissent de plancton. Ils ne filtrent pas en nageant comme le font les mégaptères filtreurs (les baleines). Ils s’immobilisent et forment un angle de 45° avec la surface. Ils ouvrent et ferment la gueule successivement. Si on ne les dérange pas trop, ils peuvent rester de longues secondes dans cette position, voire même plusieurs minutes. C’est un moment privilégié pour les observer.






 
Autre plaisir, et à condition de se débrouiller un peu en apnée, c’est de descendre sous l’animal et de le suivre. On apprécie alors sa grandeur et ce tout en contre-jour.
 
Les quatre paires d’heures passées en leur compagnie furent un moment inoubliable et empreint d’une émotion vive… C’est certain, je ne les oublierai jamais. Je me le suis promis, j’y retournerai !
 
Voilà, je vous laisse profiter de la vidéo et des images…
 
 
Nitrox
 


































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