Le bac de Stanley Date: Lundi, mars 12 @ 14:00:00 CET Sujet: The Tank à moi
C’est dans un tout petit village situé dans un tout petit pays que Stanley reçoit Océan-Passion. Le nom du village est aussi facile à écrire qu’à énoncer : Gumefens…. !!
Afin d’entretenir les clichés, ce récifaliste suisse nous accueille autour d’une bonne fondue au fromage ! Le vin blanc est bien sûr servi avec générosité afin de pallier à un éventuel manque de salive. Nous vous prions donc de bien vouloir nous pardonner les fautes de frappe, d’orthographe ou de grammaire… !
Océan-Passion :
Stanley, raconte-nous un peu tes débuts !
Stanley :
Comme beaucoup de monde, j’ai débuté l’aquariophilie avec l’eau douce il y a 11 ans. Au bout de 3 ans, je me suis intéressé aux poissons d’eau de mer, notamment en voyant le bac d’un ami et en visitant un magasin d’aquariophilie marine.
Avec mon CAF, nous avons fait l’acquisition d’un bac de 100 litres équipé d’un écumeur Seaclone. Nous avons récupéré du sable, une pierre vivante et du perlon sur un bac qui tournait déjà. Nous avions dans ce bac le classique couple de clowns et son anémone, et une demoiselle. Egalement un tout petit Sinularia venu avec une pierre vivante, mais comme il n’y avait que deux néons T8, le malheureux n’a pas fait long feu. Nous étions fiers d’avoir vu pousser sur notre unique pierre vivante une magnifique anémone. Nous ne savions pas qu’il s’agissait d’une peste redoutée en aquariophilie marine, l’Aiptasia, et c’est ainsi que nous l’avons régulièrement nourrie jusqu’à ce qu’elle devienne énorme et finisse par mourir.
Parallèlement à ce bac, nous avions un bac de 300 litres qui tournait en eau douce et nous avions décidé de le passer en eau de mer, et plus exactement en FO, avec comme filtration un écumeur Seaclone une nouvelle fois, deux maxi-jet pour le brassage et des pierres vivantes vraiment très peu vivantes !! Comme population, un flav, quelques clowns, 2 auriga et quelques demoiselles. Nous avions beaucoup de filamenteuses, et pour donner un peu de couleurs au bac, nous avions acheté une petite pierre couverte de Valonia chez un marchand peu scrupuleux. Ce bac ne ressemblait à rien, mais les visiteurs le trouvaient fabuleux !
Puis, il y a 4 ans en arrière, nous avons décidé de monter un bac de 720 litres qui est le bac que nous allons découvrir. Ne connaissant personne ayant la même passion, j’ai cherché des informations sur internet et je suis tombé sur le site de Reefguardian qui m’a beaucoup aidé. Mais comme beaucoup, je savais déjà tout !!…J’ai donc installé deux écumeurs Otto TS 2000 et une filtration avec bio-balles. J’avais quand même mis 80 kilos de pierres vivantes… Deux spots de 150 W pour l’éclairage. Au bout de 6 mois, il y avait toujours autant d’algues qu’à la phase de démarrage, et j’ai cette fois-ci décidé d’écouter davantage les personnes plus expérimentées que moi. J’ai donc investi dans un écumeur HS, racheté quelques kilos de pierres vivantes et le bac a ainsi gentiment commencé à démarrer. Au bout d’une année, j’ai introduit les premiers coraux, des mous.
Doucement le bac a pris forme. J’ai rajouté un RAH, un osmolateur et remplacé mes HQI 150 W par deux de 250 W et un de 400 W. Puis est venu le moment d’introduire les premiers coraux durs.
Océan-Passion :
Quelle est la configuration actuelle de ton bac?
Stanley :
La cuve mesure 200 x 60 x 60 soit 720 litres brut, avec comme éclairage 2 x 250 W grand angle sur les côtés et 1 x 400 W au centre. J’ai également 4 tubes bleus T5 de 54 W (deux Osram 67 et deux actiniques) pour compléter les HQI. La différence entre mon bac à boutures éclairé en 400 W et mon bac principal avec les 250 W est flagrante. Les coraux sont nettement plus colorés sous 400 W.
L’écumeur est un Deltec tri-pompes. Cet écumeur est probablement disproportionné par rapport au volume d’eau, mais depuis son installation les coraux ont gagné en couleurs ! Je ne regrette pas l’achat.
(Pour plus de détails, configuration complète en fin d’article).
Océan-Passion : Après trois ans en méthode berlinoise, et un bac à faire pâlir d’envie bien des récifalistes suisses et étrangers, tu as décidé de passer à la méthode zéolithe… Pourquoi cette décision ?
Stanley :
La méthode reste dans ses grandes lignes la même qu’avant, simplement, je voulais gagner en couleurs. Le problème en aquariophilie, c’est que nous sommes des éternels insatisfaits…J’ai vu également un bac (celui de Cornu) qui tournait avec cette méthode et j’ai craqué pour certaines pièces de toute beauté ! Je me suis donc dit pourquoi pas ? Cela fait maintenant 3 mois que j’utilise la zéolithe.
Au début, pas mal de galères (blanchiments notamment) ! Comme toujours, on veut aller trop vite et les ennuis ne se font pas attendre ! Le protocole n’est pas simple à comprendre. J’ai également ajouté trop de nourriture à bactéries, avec comme résultat un développement excessif de ces bactéries et des RTN.
Océan-Passion :
Les blanchiments n’étaient-ils pas dus à l’excès de sel ?
Stanley :
(Rires). Effectivement, j’ai eu un problème de blanchiment, mais ceci avant de passer en méthode zéolithe. Je ne comprenais pas pourquoi mes coraux allaient mal, et j’ai constaté après quelques temps que j’avais un densimètre à aiguille défectueux… la densité est montée à 1029-1030… Les blanchiments ont cessé dès que la salinité a été ramenée à une densité de 1025.
Océan-Passion :
Pour en revenir à la zéo, quel protocole appliques-tu actuellement ?
Stanley :
J’ajoute divers produits, dont des bactéries (5 à 6 gouttes deux fois par semaine). J’ai divisé par deux les ajouts de nourriture à bactéries par rapport à ce qui est préconisé. Le produit Zeostar est quand à lui ajouté deux fois par jour à faibles doses (2 x 1 ml). Il permet de contrôler entre-autres les nitrates et les phosphates et fait office de nourriture pour les bactéries.
Le réacteur à Zéolithe contient 2 litres, avec un débit actuel de 600 litres par heure. Une à deux fois par jour, la zéolithe est brassée manuellement une dizaine de fois pour libérer le film bactérien qui se forme sur la zéo. Cela permet de nourrir les coraux.
Je n’ajoute plus ou très rarement du zeospur2 qui, à mon sens, stresse trop les coraux et les rend beaucoup trop pâles.
Océan-Passion :
Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton bac quand tu prends un peu de recul ?
Stanley :
Pour l’instant rien (ndlr : le bac a subi un gros élagage de coraux !). Mais même lorsque le bac était au top, avec une pousse de coraux incroyable et de belles couleurs, je n’en étais pas vraiment satisfait non plus. J’avais des soucis de brassage et l’aspect du bac ne faisait pas naturel. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai décidé de tout tailler ! J’ai élagué beaucoup de coraux « classiques » pour les remplacer par des pièces plus exclusives et plus colorées. Avec les années on devient plus sélectif…
Sinon, il est clair que j’ai quand même bien profité de l’évolution de mon bac ces trois dernières années.
Océan-Passion :
Quelles sont les choses que tu voudrais changer ?
Stanley Ce qui me déplaît le plus, c’est, comme je l’ai dit, l’aspect peu naturel du bac qui est dû principalement aux dimensions du bac (200 x 60 x 60). Je souhaiterais à plus ou moins court terme changer pour une cuve de 150 x 90 x 60. Sinon, au niveau des couleurs des coraux, là aussi je ne suis pas encore satisfait.
Océan-Passion :
Tu as un Acropora formosa avec une histoire un peu particulière…
Stanley :
Tout à fait ! Ce sont en fait deux boutures données par Cornu qui viennent elles-mêmes du premier Acropora maintenu avec succès en captivité, un pied-mère datant de 1982. Cornu a pu l’obtenir auprès d’un Club en relation avec l’aquarium de Berlin.
Océan-Passion
Tu as également un Catalaphyllia qui a une drôle d’histoire…
Stanley
Effectivement il s’agit d’une bouture offerte par Cornu, venant d’un Catalaphyllia qui doit avoir 15 ans !
Océan-Passion :
Et si tu ne devais garder qu’un seul corail ?
Stanley :
Un Acropora violet-mauve qui est mon favori. C’est une grosse pièce avec de belles couleurs. J’y tiens beaucoup et j’ai d’ailleurs failli le perdre lors des blanchiments. Là il se remet doucement.
Océan-Passion :
Un corail dont tu rêves et que tu n’as pas ?
Stanley :
Oui un granulosa blanc avec des pointes violettes, que j’ai en fait déjà eu la chance d’avoir, mais qui a malheureusement nécrosé lors de mes problèmes de sel.
Océan-Passion :
Et concernant les poissons, même si on voit que tu es plutôt coraux, si tu ne devais en garder qu’un ?
Stanley :
Probablement le Chelmon qui est vraiment un poisson superbe. Et le leuco également, que j’ai quasi depuis le début. Je trouve ces deux poissons très beaux. J’ai aussi un petit imperator, mais la couleur juvénile de ce poisson ne me plaît pas. Je me réjouis qu’il parade avec sa robe d’adulte !
Océan-Passion :
Un poisson dont tu rêves ?
Stanley :
L’Acanthurus achilles… D’ailleurs j’ai failli en acheter un dernièrement, mais celui-ci était déjà réservé par un certain Pingu qui m’a devancé de peu…
Océan-Passion
Que penses-tu des couples de poissons ?
Stanley :
Je trouve ça super et je regrette de ne pas en avoir plus. Simplement, à mes débuts, on déconseillait souvent l’introduction de plusieurs poissons de la même espèce. Lorsque je vois par exemple un couple de flav, j’adore ! Je m’orienterais maintenant plus vers ce genre de maintenance qui ne semble pas si compliqué que cela.
Océan-Passion
Tu as depuis peu un bac à boutures, c’est donc l’occasion de te demander ce que tu penses du bouturage, et comment tu le conçois ?
Stanley :
Je suis bien sûr pour le bouturage. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai commencé. En Suisse, je ne connaissais personne et je me suis déplacé jusqu’en Alsace pour acheter des boutures.
J’essaie maintenant à mon tour d’en faire profiter les récifalistes qui viennent me trouver. Je préfère plutôt l’échange à la vente, mais le plus souvent ce sont des gens qui débutent un bac et alors je vends mes boutures. Cependant, tout le monde s’y retrouve, l’acheteur qui bénéficie d’un tout petit prix, et moi-même qui couvre une partie des frais d’entretien. Je précise que mes boutures sont en général des pièces fixées sur supports, et je les garde quelques temps dans le bac à boutures avant de les revendre.
Océan-Passion :
Tu peux nous détailler alors un peu ce bac à boutures ?
Stanley
C’est un bac fait sur mesure il fait 150 litres (120 x 60 x 20) et l’éclairage est en 2 x 400 W. Je l’ai relié au bac principal, donc pas de partie technique.
Océan-Passion
Après 5 ans en eau de mer, es-tu d’accord avec ceux qui pensent que c’est une passion éphémère ?
Stanley
Pour l’instant je suis à fond dans ma passion. Mais il est vrai qu’on a parfois envie de tout laisser tomber. Maintenant, je me vois mal arrêter définitivement.
Océan-Passion
Que t’apportent les sites internet dans cette passion ?
Stanley
J’ai la chance de ne pas avoir besoin d’énormément d’aide, étant donné que j’ai quelques bonnes connaissances liées à mon expérience. Mais on a toujours besoin d’un conseil une fois ou l’autre, et c’est enrichissant de toujours pouvoir apprendre quelque chose de nouveau. Je suis un peu réservé (sur certains sites en tout cas) et je suis plus lecteur qu’acteur.
Océan-Passion
Quels conseils donnes-tu à quelqu’un qui veut se lancer ?
Stanley :
La première chose dont je parle au départ, c’est l’aspect financier. Il faut être conscient que c’est un investissement conséquent. Je pense qu’il vaut mieux avoir un bac que l’on peut pleinement assumer plutôt qu’un bac trop grand, en piteux état, et avec des occupants qui en subissent les conséquences.
Je leur dis également que cette passion demande beaucoup de patience, et je sais par expérience combien en manquer peut coûter cher, dans tous les sens du terme !
Il ne faut pas lésiner non plus sur le matériel, et surtout la passion doit être le moteur de cette aventure fascinante !
L’équipe d’OP remercie Stanley pour son accueil et sa générosité.
Nous remercions également le photographe Christian Cornu. A noter que ses photos ne sont pas libres de droit et nécessitent l’accord personnel de Christian Cornu pour toute utilisation.
Récapitulatif du matériel et de la population du bac
Dim. Cuve: 200 x 60 x 60, soit 720 litres
Pierres vivantes : env. 120 kg, provenance Mer Rouge, Indonésie et Kenya
Eclairage: HQI: BLV 10’000K : 2 x 250W + 1 400W
T5 : 4 x 54W (2 actinique + 2 Osram 67)
Brassage: 3 Tunze Stream 6100 de 12'000 l/h, pilotées par multicontrôleur Tunze 7094
Décantation: 80 x 35 x 40, soit 70 litres net
Ecumeur ext: Deltec AP703 (tri-pompes Eheim 1260)
Pompe de remontée: Eheim 1262 (3400 l/h)
Réacteur à calcium: Ratz
Comp. de niveau: Osmolateur Tunze 3155, couplé à un relais 12/230V pour commande électrovanne et osmoseur
Réacteur à calcaire: Schuran JetStream1, piloté par un Ph mètre Tunze 7070. Bouteille CO2 de 18 Kg.
Système zéolithe: Filtre Zeovit avec 2Kg de zéolithe, protocole Korallen Zucht (depuis septembre 2006)
Groupe de froid: Resun CL650
Autres: 1/2 litre résine anti-phosphate, changée tous les 2 mois environ
1/2 litre de charbon actif KZ, changé tous les 30 jours